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Célébrons l’effet du temps

Il y a quelques années de cela, jamais, mais ô grand jamais je n’aurais pensé célébrer cet évènement. Et pourtant, me voilà aujourd’hui à vous écrire pourquoi je me fais un honneur de le faire maintenant.  

Le temps passe à vive allure, je ne vous l’apprends certainement pas. Je viens d’ailleurs de souffler ma huitième chandelle à titre de diabétique! Et oui, j’ai célébré l’évènement! Pas le genre de célébration que l’on organise en envoyant des invitations à la terre entière, non, non! Plutôt de celles qui se passent principalement dans la tête. Je célèbre quelque chose de marquant, qui mérite un temps d’arrêt, le temps de réaliser que ce qui s’est passé, c’est beau malgré tout. Et je ne vous le cacherai pas: j’ai bel et bien mangé du gâteau, avec en prime, un feu de bengale!  

Vous le savez, il y a de ces moments qui marquent plus que d’autres. L’annonce d’un diagnostic entre généralement dans cette catégorie. Difficile de faire autrement quand la vie telle qu’on la connaissait avant vient d’être changée du tout au tout. Il y a 8 ans, j’ai appris une nouvelle qui a chamboulé ma vie.  

Ça peut vous sembler bizarre d’avoir envie de souligner la chose, mais pour moi, il s’agit d’un moment important.  N’allez pas croire que je suis heureuse d’avoir le diabète comme compagnon indéfectible. C’est plutôt ma chance que je prends le temps d’apprécier, parce que mine de rien, elle est grande ma chance: j’ai pu être diagnostiquée à temps, ce qui fait que je peux être ici aujourd’hui pour vous écrire ces lignes. 

J’aime bien profiter de cet instant du mois de septembre pour constater le chemin parcouru. C’est fou ce que j’ai évolué en 8 ans, le passage du temps a un effet indéniable sur moi. Même si mon corps commence à me faire voir que je vieillis,  je dirais tout de même que le plus grand des effets se trouve dans ma tête. J’ai changé ma façon d’aborder la vie et je suis plus douce envers moi-même.

Par contre, il semble que certains défauts (ou qualités, c’est selon) ne soient pas prêts de me quitter, notamment le fait que je suis entêtée. Ça se reflète d’ailleurs dans ma manière de gérer les situations problématiques. À titre d’exemple, j’ai toujours mangé la même chose pour déjeuner et j’ai décidé que ce n’était pas le diabète qui allait changer cela. C’est donc pendant près de 8 ans que j’ai ingéré une quantité incroyable de glucides chaque matin afin  de déguster des rôties au beurre d’arachides avec des morceaux de bananes, accompagnées de deux cafés latte. Une formule délicieuse au goût, mais oh combien problématique côté glycémique.  Je vous jure que j’ai tout essayé afin de préserver mon déjeuner fétiche: j’ai diminué la portion de bananes, j’ai mangé mon déjeuner en étapes, tenté d’injecter mon insuline un peu plus tôt  avant le déjeuner pour me laisser une chance, augmenté mes doses pour compenser la montée rapide qui s’en suivait tout en jumelant le tout avec une collation plus tard en matinée pour éviter l’hypoglycémie plus tard, j’ai combiné mon déjeuner avec un entrainement matinal pour neutraliser la montée glycémique, et j’en passe. Bref, après 8 ans d’essais et erreurs, j’ai dû me rendre à l’évidence: mieux valait changer la formule!    Me voilà donc, 8 ans plus tard, à débuter mes journées avec du café latté concocté avec du lait d’amande et un bon pouding au chia au lait de coco, sinon une rôtie et une omelette. Qui l’aurait cru? Avec les belles glycémies qui accompagnent ma nouvelle formule, mes journées commencent du bon pied et j’en ressens les effets positifs, me sentant plus énergique. 

Albert Einstein disait justement que la définition de la folie, c’est de refaire toujours la même chose, et d’attendre des résultats différents. Heureusement, je n’aurai pas atteint ce point avec mes petits déjeuners! Quoique je ne sois pas certaine que la définition de M. Einstein puisse trouver application avec le diabète puisqu’une formule gagnante que l’ont reproduit de jour en jour ne donnera pas toujours le même résultat.  Et c’est là que le quotidien avec le diabète nous oblige à développer des forces qu’on ne pensait pas avoir. Il peut devenir frustrant et je dirais même usant à la longue de perdre le peu de contrôle que nous pensions avoir sur la maladie. C’est à ce moment qu’on doit se retrousser les manches et continuer le combat. 

Il est certain que si on me laissait le choix, je prendrais une vie sans la maladie. Le diabète m’amène par contre à adopter de saines habitudes car mes choix de vie ont un impact concret sur ma glycémie. Je vois l’avantage de bien m’alimenter,  de bien dormir, de me soigner lorsque je suis malade,   de m’entrainer régulièrement,  de gérer mon stress adéquatement et j’en passe. J’essaie de mettre le plus d’heures possible en banque pour éviter le plus longtemps que je le pourrai toutes les conséquences désastreuses que peut avoir le diabète au long cours.  

C’est ainsi qu’une nouvelle année débute pour moi. J’espère qu’elle sera tout  autant enrichissante que les dernières point de vue croissance personnelle et qu’elle me permettra de me surpasser. Par-dessus tout, je souhaite que la recherche se poursuive et qu’on trouve de nouvelles façons pour rendre la vie avec le diabète plus facile et qu’un jour, on trouve enfin une solution.

Je profite également de l’occasion pour vous dire merci d’être là, fidèles au poste. Il y a un an débutait mon aventure dans mon rôle de blogueuse. Vous êtes maintenant plus de 500 personnes à me suivre régulièrement, sans compter les milliers de personnes qui viennent lire les publications du blogue. Un gros merci du fond du coeur de votre soutien et de votre présence. C’est vraiment une belle tape dans le dos.

Longue vie et bonne santé à tous!

 

 

 

 

L’amour des mères

Être maman, c’est la plus belle qui existe. C’est aussi l’une des plus difficiles. Quand on devient maman, tout est à apprendre. On donne le meilleur de soi, on fait de nombreux sacrifices et on fait tout en son pouvoir pour construire sa famille sur des bases solides. On fait parfois des erreurs, mais on tente d’apprendre de celles-ci. L’important, c’est que nous faisions de notre mieux. À toutes les mamans de ce monde, je profite de la journée de la Fête des mères pour vous dire bravo pour tout ce que vous faites!

La vie m’a fait le cadeau de la maternité pour la première fois en 2014. On y pensait depuis longtemps. Il y en a eu des réflexions et des consultations pour s’assurer que tout se ferait en sécurité en raison de mon diabète. Un jour, je vous décrirai l’envers du décor.

À l’annonce de ma grossesse, on m’a beaucoup questionnée à savoir si mon bébé allait être diabétique de type 1 comme moi. Cette question, je me l’étais moi-même posée plusieurs années auparavant. Oui, il y avait des risques un peu plus grands que dans la  population en général, mais pas suffisamment grands pour que nous mettions de côté notre désir de fonder une famille. Le risque, on était prêts à le prendre, même si on espérait bien fort que les statistiques jouent en notre faveur.

C’est quand on a ses propres enfants qu’on réalise à quel point c’est exigeant d’être parent. Et c’est exigeant, même quand ils sont en pleine santé.

Je n’ai que mon diabète à moi à m’occuper. Je suis chanceuse en un sens. Et imaginez: je trouve cela quand même dur! Je suis pourtant bien placée pour gérer la maladie car j’en ressens les symptômes. J’ai la motivation de tout faire pour avoir de belles glycémies puisque je me sens mieux lorsque c’est le cas et je suis consciente que ma santé à long terme  en dépend.

Il y a des mamans (et aussi de supers papas!) qui ont dû tout apprendre face au diabète afin de veiller sur un enfant, atteint de cette maladie. Des diagnostics qui seront arrivés dans la vie de leur enfant à tous âges. Ce sont de véritables héroïnes.

Ces femmes surveillent les glycémies jour et nuit. Elles sont toujours à l’affût des signes que l’enfant présente afin d’éviter le pire. Elles calculent des glucides, elles se cassent la tête pour trouver des idées de collations et de repas adéquates, elles administrent de l’insuline, elles contribuent à mettre en place des environnements sécuritaires afin que leur petit puisse s’épanouir, autant dans le milieu familial qu’en garderie, à l’école ou chez les amis. Elles encouragent leur enfant à garder le moral, à se dépasser malgré les obstacles que la maladie met sur leur chemin. Elles espèrent qu’un jour on trouvera un remède afin d’éradiquer le diabète de type 1. Elles militent pour une meilleure accessibilité aux soins de santé. Elles font des levées de fonds pour des organismes de soutien aux diabétiques. Et au travers de tout cela, elles trouvent le temps pour travailler, s’occuper de leurs autres enfants, être des amies en or, des conjointes et des ménagères.

Je leur lève mon chapeau.

Le processus menant à la maternité nous fait passer par une foule d’émotions. Pour ma part, j’ai d’abord été inquiète de ne pas pouvoir avoir d’enfants en raison de la maladie. Ensuite, après avoir appris que je portais la vie, j’ai eu peur de ne pas être à la hauteur. Maintenant que mes enfants ont vu le jour, j’angoisse à la simple idée qu’il pourrait leur arriver quelque chose. Comme toutes ces mamans qui s’occupent avec amour de leur coco malade, j’espère que je trouverais la force pour faire de même si je devais un jour avoir à le faire.

À vous toutes chères mamans,  je vous envoie un gros câlin! Continuez votre beau et grand travail! Vous êtes magnifiques!

Bonne Fête des mères!

XOX

 

Le petit poisson dans l’eau

Sur notre voilier, vers l’âge de 12 ans.

J’ai beaucoup de bons souvenirs de ma jeunesse. Je me souviens d’avoir fait le tour des allées en vélo et d’avoir profité des cours d’eau alors que je faisais beaucoup de camping avec mon père, toute jeune. À la maison, avec ma mère, je profitais de la piscine avec mes frères et ma sœur. Nous avions aussi installé un filet sur notre terrain, nous permettant de jouer à toutes sortes de jeux tels le badminton et le volley-ball. Je prenais de grandes marches avec mes amies, où nous avions d’interminables discussions.  À l’école, j’adorais les cours d’éducation physique! Nous avions aussi un voilier sur lequel j’aimais bien naviguer et lorsqu’il était ancré à quelque part, je me faisais un plaisir de sauter dans le lac. Il y a quelque chose qui ressort cependant plus que les autres: j’ai toujours été un petit poisson dans l’eau!

En grandissant, j’ai découvert de nouvelles passions. J’ai fait du patinage artistique et ai pratiqué la planche à neige. Adolescente, j’ai joué avec mon groupe d’amies dans l’équipe de volley-ball de notre polyvalente. Nous avons ensuite formé l’équipe collégiale de notre Cégep. À l’université, j’ai joint les ligues intra de volley-ball.

Puis, le fameux «métro-boulot-dodo» a eu raison de moi. Je devrais plutôt parler de la conciliation travail et études, qui s’est avérée plus dure que ce que je l’aurais imaginé alors que j’étais à l’université. Cet équilibre que je chérissais tant a vite pris le bord. Malbouffe, manque de sommeil, sorties nocturnes avec les amis ont alors pris une place grandissante dans ma vie. Vous aurez compris que le sport n’occupait plus le même espace qu’auparavant: j’étais plutôt devenue une vraie de vraie sportive de salon!

Puis, est arrivé mon diagnostic. Je vous ai déjà dit que ça avait été un point tournant dans ma vie, le moment où je retrouvais l’équilibre. Le temps d’ajuster mon traitement, j’ai dû oublier l’idée de faire du sport. Ça n’a pas été trop dur car je n’en faisais plus de toute façon! Quand même, c’est toujours quand on vous dit que vous ne pouvez plus faire quelque chose que vous avez envie de le faire, la vie est ainsi faite!

Quand je repense au moment où j’ai refait une activité physique pour la première fois suite à l’annonce de mon diagnostic, je ne peux m’empêcher de rire et je me trouve tellement naïve d’avoir pensé que ça pouvait être une bonne idée pour moi. Je vous l’ai écrit plus tôt, j’ai toujours été un petit poisson dans l’eau. J’aurais aussi dû vous dire que je suis bien coquette.

Deux bonnes amies à moi m’ont proposé de participer avec elles à des cours de piscine. L’idée m’a semblé alléchante à première vue alors je me suis empressée d’accepter sans réfléchir davantage. Mon petit côté coquet en a pris pour son rhume lorsque j’ai constaté que je devrais porter un magnifique casque de bain, des jolies lunettes de piscine et un superbe maillot speedo une pièce! Vous auriez dû voir le plaisir que j’ai eu à les magasiner (lire entre les lignes aucun!) alors que j’étais devenue si maigre en raison de ma perte de poids que j’avais du mal à trouver des choses à ma taille.

Moi qui avais toujours pratiqué le sport sans contrainte, je devais apprendre à concilier avec les variations glycémiques. Je devais de plus trouver MA recette idéale point de vue dosage d’insuline et prise de glucides. Ce que je ne savais pas avant d’être diabétique, c’est que le sport est d’une grande utilité puisqu’il contribue à abaisser la glycémie. Ça peut toutefois s’avérer tout un défi à gérer.

Je reviens au fameux cours de piscine. Le hic, c’est qu’à l’époque, mon diabète n’était pas encore parfaitement contrôlé. Je buvais du Gatorade afin de garder une belle glycémie tout au long des cours et avec tout le liquide que je buvais, je passais la grande majorité de mon temps à faire des allers-retours à la salle de bain.

Bref, avec la difficulté que j’avais à rester dans le bassin pour accomplir les exercices demandés et le look que j’avais, j’ai bien vite compris que, malgré mon amour pour l’eau, je n’avais à ce moment rien de la grâce d’une sirène!