Le petit poisson dans l’eau

Sur notre voilier, vers l’âge de 12 ans.

J’ai beaucoup de bons souvenirs de ma jeunesse. Je me souviens d’avoir fait le tour des allées en vélo et d’avoir profité des cours d’eau alors que je faisais beaucoup de camping avec mon père, toute jeune. À la maison, avec ma mère, je profitais de la piscine avec mes frères et ma sœur. Nous avions aussi installé un filet sur notre terrain, nous permettant de jouer à toutes sortes de jeux tels le badminton et le volley-ball. Je prenais de grandes marches avec mes amies, où nous avions d’interminables discussions.  À l’école, j’adorais les cours d’éducation physique! Nous avions aussi un voilier sur lequel j’aimais bien naviguer et lorsqu’il était ancré à quelque part, je me faisais un plaisir de sauter dans le lac. Il y a quelque chose qui ressort cependant plus que les autres: j’ai toujours été un petit poisson dans l’eau!

En grandissant, j’ai découvert de nouvelles passions. J’ai fait du patinage artistique et ai pratiqué la planche à neige. Adolescente, j’ai joué avec mon groupe d’amies dans l’équipe de volley-ball de notre polyvalente. Nous avons ensuite formé l’équipe collégiale de notre Cégep. À l’université, j’ai joint les ligues intra de volley-ball.

Puis, le fameux «métro-boulot-dodo» a eu raison de moi. Je devrais plutôt parler de la conciliation travail et études, qui s’est avérée plus dure que ce que je l’aurais imaginé alors que j’étais à l’université. Cet équilibre que je chérissais tant a vite pris le bord. Malbouffe, manque de sommeil, sorties nocturnes avec les amis ont alors pris une place grandissante dans ma vie. Vous aurez compris que le sport n’occupait plus le même espace qu’auparavant: j’étais plutôt devenue une vraie de vraie sportive de salon!

Puis, est arrivé mon diagnostic. Je vous ai déjà dit que ça avait été un point tournant dans ma vie, le moment où je retrouvais l’équilibre. Le temps d’ajuster mon traitement, j’ai dû oublier l’idée de faire du sport. Ça n’a pas été trop dur car je n’en faisais plus de toute façon! Quand même, c’est toujours quand on vous dit que vous ne pouvez plus faire quelque chose que vous avez envie de le faire, la vie est ainsi faite!

Quand je repense au moment où j’ai refait une activité physique pour la première fois suite à l’annonce de mon diagnostic, je ne peux m’empêcher de rire et je me trouve tellement naïve d’avoir pensé que ça pouvait être une bonne idée pour moi. Je vous l’ai écrit plus tôt, j’ai toujours été un petit poisson dans l’eau. J’aurais aussi dû vous dire que je suis bien coquette.

Deux bonnes amies à moi m’ont proposé de participer avec elles à des cours de piscine. L’idée m’a semblé alléchante à première vue alors je me suis empressée d’accepter sans réfléchir davantage. Mon petit côté coquet en a pris pour son rhume lorsque j’ai constaté que je devrais porter un magnifique casque de bain, des jolies lunettes de piscine et un superbe maillot speedo une pièce! Vous auriez dû voir le plaisir que j’ai eu à les magasiner (lire entre les lignes aucun!) alors que j’étais devenue si maigre en raison de ma perte de poids que j’avais du mal à trouver des choses à ma taille.

Moi qui avais toujours pratiqué le sport sans contrainte, je devais apprendre à concilier avec les variations glycémiques. Je devais de plus trouver MA recette idéale point de vue dosage d’insuline et prise de glucides. Ce que je ne savais pas avant d’être diabétique, c’est que le sport est d’une grande utilité puisqu’il contribue à abaisser la glycémie. Ça peut toutefois s’avérer tout un défi à gérer.

Je reviens au fameux cours de piscine. Le hic, c’est qu’à l’époque, mon diabète n’était pas encore parfaitement contrôlé. Je buvais du Gatorade afin de garder une belle glycémie tout au long des cours et avec tout le liquide que je buvais, je passais la grande majorité de mon temps à faire des allers-retours à la salle de bain.

Bref, avec la difficulté que j’avais à rester dans le bassin pour accomplir les exercices demandés et le look que j’avais, j’ai bien vite compris que, malgré mon amour pour l’eau, je n’avais à ce moment rien de la grâce d’une sirène!

Un anniversaire bien spécial!

Chaque année, en septembre, je souligne un anniversaire bien spécial : l’annonce de mon diagnostic de diabète de type 1. Cette année, j’ai décidé de le souligner de manière particulière en lançant mon blogue Mange Pique Aime. Pourquoi ce titre? Rassurez-vous tout de suite, je ne suis pas junkie! En fait, je le suis, mais pas comme vous vous l’imaginez. Il y a bien une «drogue» dont je ne peux plus me passer et cette drogue, c’est l’insuline! Mange Pique Aime  sont donc les trois mots qui résument le mieux mon quotidien à titre de diabétique.

En 2010, malgré le choc de la nouvelle, j’ai décidé que je prendrais le taureau par les cornes et que j’en ferais quelque chose de positif. Ma maladie a été pour moi un vecteur de changement et m’a permis de trouver l’équilibre dans ma vie. Au moment de souffler cette nouvelle chandelle sur le gâteau de la vie, je m’estime chanceuse de vivre encore en santé et je suis bien décidée de continuer à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que ce soit ainsi encore l’année prochaine et les suivantes.

Le diabète est plus que présent dans la population québécoise et canadienne, les statistiques parlent de 3.4 millions de canadiens atteints en 2015 et de plus de 830 000 québécois en 2014. Au fil des années, j’ai réalisé qu’il reste tant à apprendre au sujet de cette maladie. Et comme le savoir c’est le pouvoir, ce blogue est ma façon à moi de faire ma part en vous ouvrant toutes grandes les portes de mon quotidien à titre de diabétique.

Vous êtes curieux d’en apprendre davantage? Suivez-moi dans cette aventure! Vous voulez m’aider à accomplir la mission que je me suis donnée? Partagez cette page avec vos proches et invitez-les à faire de même!

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