Il était une fois ma rencontre avec le diabète

C’était en 2010. J’étais en train de faire mon Barreau. C’est aussi l’année où mon beau filleul a vu le jour. L’année où mon filleul a été très malade. L’année où mon cœur de marraine a eu mal…mais pas autant que le sien, ni celui de ses parents. Je les ai accompagnés dans cette épreuve du mieux que j’ai pu. Je croyais même m’en être rendue malade. J’étais épuisée, j’avais perdu du poids…d’abord un peu…puis petit à petit, la balance a finalement indiqué que j’avais un score de 35 livres en moins. Mouin… Est-ce que le stress peut faire maigrir autant? Je le pensais à ce moment alors je refusais d’aller voir le médecin. À vrai dire, il m’était impossible d’avoir un rendez-vous avec mon médecin de famille et j’avais l’impression que j’irais perdre mon temps au sans rendez-vous car je croyais savoir ce que j’avais : rien! Mon chum n’en pouvait plus de me voir fondre, c’est donc presque de force qu’il m’a trainée à la clinique. Faut dire que je n’avais plus trop l’énergie pour résister et j’étais de moins en moins lourde à trainer! Quelques tests sanguins plus tard, le téléphone sonne. C’était le 15 septembre. On m’informe sans délai du diagnostic : le diabète de type 1 venait de faire irruption dans ma vie. On me dit de me présenter à l’urgence immédiatement si je constate certains symptômes, autrement, on me donne rendez-vous le lendemain afin de commencer l’apprentissage de ma nouvelle vie. Enchantée diabète! Ou pas…mais bon, faudra apprendre à se connaître!

En 2010, quelques jours avant mon diagnostic alors que j’ignore que ma vie va changer

Mea culpa, je vous ai menti tout à l’heure. À vrai dire, je pensais être malade, mais je préférais jouer à l’autruche et me mettre la tête dans le sable. Ce qu’on ne sait pas ne fait pas mal, right? Je me suis pourtant fait un million de scénarios sur la nature du mal qui m’affligeait. J’ai même pensé avoir le cancer. Je repoussais donc le moment où j’apprendrais finalement la nouvelle qui allait assurément changer ma vie. Pas très logique, vous avez raison!

L’annonce du diagnostic, ça a été un mélange de détresse et de soulagement. Non, je n’avais pas le cancer…mais j’avais le diabète! À chaque maladie ses défis. Mon défi à moi, il serait de quelle taille? Est-ce que ça voulait dire que j’allais devoir me faire des injections? J’avais bien un oncle avec le diabète, mais dans le fond, je ne connaissais RIEN à cette maladie, sinon que ça avait un lien avec le fameux sucre. Au moins, la technologie était de mon bord. Il y en avait eu des progrès dans les dernières décennies! J’appréhendais énormément ce qu’on allait me dire lors de mon premier rendez-vous.

On est le 16 septembre. Je me souviens ne pas avoir dormi de la nuit. Je rencontre ce matin-là le médecin qui me confirme ce que je sais déjà. Ce n’était pas qu’un cauchemar : j’ai bel et bien le diabète. La gentille infirmière que je rencontre ensuite m’offre de faire la première injection pour m’aider. Elle me demande de lever mon chandail afin de lui présenter mon ventre. Je dois lui dire lorsque je serai prête. Avant même que j’aie le temps de penser ouvrir la bouche pour donner le OK, l’aiguille est déjà dans ma bedaine. Drôle de technique, mais l’effet de surprise fait en sorte que je n’ai pas eu le temps d’anticiper la douleur. Finalement, ce n’est pas si pire, je devrais m’en sortir!

C’est drôle, parce que je n’ai jamais eu peur des aiguilles. Mais je vous jure que c’est autre chose quand ladite aiguille doit être introduite par nul autre que vous-même, et ce, dans votre propre corps! Elle a beau être petite, on a beau vous dire que ce n’est pas si douloureux, reste qu’il faut rassembler tout son courage pour le faire une première fois. Comme sur une auto neuve, j’imagine que c’est la première «pock» qui fait le plus mal! Enfin, j’ai réussi. Faudra bien s’y habituer, ça a beau être la première, ce ne sera assurément pas la dernière!

Prochaine étape, rencontrer la nutritionniste. On me pose des questions afin de voir quel type de traitement on fera. Est-ce que je désire apprendre à calculer mes glucides et avoir une plus grande latitude au niveau alimentaire? Mais bien sûr mon cher Watson! Je devrai donc utiliser une balance nutritionnelle et estimer la quantité de glucides dans mon assiette. Pourquoi? Parce que c’est ce qui va déterminer les quantités d’insuline que je devrai m’injecter.

Je repars de cette journée avec une glycémie plus normale, des infos de base sur comment gérer la situation jusqu’à la prochaine rencontre et un million de questions en tête. Faudra que je sois patiente ça a l’air, pas facile pour moi!